
Cannabis médical : la troisième édition de Science in the City se tiendra à Paris les 28 et 29 septembre 2026
Le congrès Science in the City, consacré à la recherche clinique et pharmacologique sur le cannabis et les cannabinoïdes, annonce sa troisième édition à Paris les 28 et 29 septembre 2026. Deux journées de conférences qui réunissent chercheurs, professionnels de santé, industriels et acteurs institutionnels autour d'un sujet qui, en France, sort tout juste de la phase expérimentale. Le calendrier n'est pas anodin : l'événement s'inscrit dans une période où le cadre réglementaire français du cannabis médical se construit texte après texte, et où les données scientifiques deviennent l'un des principaux arguments du débat.
Un congrès scientifique installé dans le paysage européen
Science in the City s'est construit autour d'un format simple : rassembler sur deux jours des interventions académiques et cliniques portant sur les cannabinoïdes, sans en faire un salon commercial. Les deux premières éditions ont abordé la pharmacologie du THC et du CBD, les usages en douleur chronique, en neurologie et en oncologie de support, ainsi que les questions de standardisation des produits.
Ce positionnement répond à un manque réel. Les conférences européennes consacrées au cannabis mélangent souvent recherche, industrie du chanvre et boutiques spécialisées, ce qui rend la lecture difficile pour un praticien qui cherche des données exploitables. Un congrès centré sur la publication scientifique et la pratique clinique occupe donc un créneau distinct.
La tenue de l'événement à Paris a également une portée symbolique. La France a longtemps figuré parmi les pays européens les plus réservés sur le sujet, alors que l'Allemagne, l'Italie, le Portugal ou la République tchèque disposaient déjà de filières structurées. Accueillir un congrès international de ce type dans la capitale signale un changement de température, même modeste, dans la manière dont le sujet est traité.

Un contexte français en pleine recomposition
L'expérimentation française du cannabis médical, lancée en mars 2021, a concerné plusieurs milliers de patients souffrant notamment de douleurs neuropathiques réfractaires, de certaines formes d'épilepsie pharmacorésistante, de spasticité douloureuse liée à la sclérose en plaques, de symptômes rebelles en oncologie et de situations palliatives. Prolongée à plusieurs reprises, elle a permis de constituer un registre national de données de suivi.
Depuis, le dossier est passé du terrain expérimental au terrain réglementaire. Un statut de médicament à base de cannabis a été introduit dans le droit français, et les textes d'application déterminent progressivement les conditions de prescription, de dispensation en pharmacie et de prise en charge. La question du remboursement, en particulier, reste l'un des points les plus scrutés par les associations de patients et par les prescripteurs, puisqu'elle conditionne l'accès effectif aux traitements.
Dans ce contexte, un congrès scientifique joue un rôle précis : fournir des éléments de preuve, exposer les limites méthodologiques des études disponibles et confronter les retours d'expérience des pays voisins. Les débats français sur le cannabis médical souffrent d'une abondance d'opinions et d'une relative rareté de données discutées en public devant un auditoire de spécialistes.
Les thématiques attendues pour l'édition 2026
Les programmes des précédentes éditions donnent une idée des axes susceptibles d'être repris. La douleur chronique reste le premier motif de prescription dans la plupart des pays ayant autorisé le cannabis médical, et les travaux sur l'efficacité comparée aux opioïdes ou sur les stratégies d'épargne morphinique occupent une place centrale.
La neurologie constitue un deuxième bloc : épilepsies pharmacorésistantes de l'enfant, troubles du mouvement, spasticité. C'est aussi le domaine où le CBD dispose du niveau de preuve le plus solide, avec un médicament autorisé en Europe sur la base d'essais cliniques randomisés.
Un troisième ensemble de sujets concerne la pharmacologie et la qualité : variabilité des extraits, interactions médicamenteuses via le cytochrome P450, biodisponibilité selon les voies d'administration, standardisation des dosages. Ces questions techniques déterminent en pratique la capacité d'un médecin à prescrire de façon reproductible.
Enfin, les aspects réglementaires et économiques reviennent régulièrement : modèles de prise en charge, structuration des filières de production, place des pharmaciens d'officine dans la dispensation, formation des professionnels de santé. En France, ce dernier point reste un obstacle concret, la majorité des prescripteurs potentiels n'ayant reçu aucun enseignement sur les cannabinoïdes au cours de leur cursus.
À qui s'adresse l'événement
Le public visé combine plusieurs profils. Les médecins et pharmaciens y trouvent une mise à jour des connaissances cliniques. Les chercheurs académiques y présentent leurs travaux et identifient des collaborations. Les acteurs industriels suivent l'évolution des exigences de qualité et des cadres d'autorisation. Des représentants d'associations de patients et d'institutions publiques assistent également à ce type de rencontres.
Pour un lecteur non spécialiste, l'intérêt d'un tel congrès est indirect mais réel : les décisions réglementaires qui déterminent l'accès aux traitements s'appuient, au moins en partie, sur l'état des connaissances discuté dans ces enceintes. Suivre les comptes rendus publiés par la presse spécialisée, dont Newsweed qui couvre régulièrement ces rencontres, permet de comprendre les arguments en présence sans passer par le filtre des positions militantes.
Les modalités d'inscription, la composition définitive du programme et la liste des intervenants sont généralement communiquées par les organisateurs dans les mois précédant l'événement. Pour l'édition parisienne des 28 et 29 septembre 2026, ces informations seront précisées au fil du premier semestre.
Ce que cette édition dira de l'évolution française
Au-delà du contenu scientifique, la tenue d'une troisième édition à Paris constitue un indicateur. Un congrès de ce type ne s'installe durablement que s'il trouve un public de professionnels suffisamment nombreux et un écosystème de recherche actif.
La France dispose d'équipes travaillant sur le système endocannabinoïde, de centres de la douleur impliqués dans l'expérimentation et d'une industrie du chanvre historiquement importante à l'échelle européenne. Ce qui a manqué jusqu'ici, c'est un cadre stable permettant d'articuler ces éléments. La séquence réglementaire en cours et la répétition d'un rendez-vous scientifique annuel vont dans le même sens : celui d'une normalisation progressive du sujet, traité comme une question de santé publique plutôt que comme un débat de société.
